La pression artérielle correspond à la pression (ou poussée) exercée par le sang contre les parois des artères. Cette pression est exprimée par 2 valeurs correspondant à la maxima et à la minima, ex : 150/90 millimètres de mercure (c'est l'unité de pression actuellement utilisée mais elle devrait changer prochainement). En fait, dans le langage courant on parle de 15/9.
Chez un même individu, la pression artérielle subit des variations normales d'un jour à l'autre et même fluctue d'un moment à l'autre au cours de la journée. Ainsi, les valeurs baissent généralement dans la nuit et à l'inverse remontent au petit matin et augmentent par à-coups sous l'effet de certaines émotions (colère, peur, douleur, excitation). Lorsque les valeurs restent trop élevées de façon permanente, on parle alors d'"hypertension artérielle".
L’hypertension artérielle est la conséquence d'un dysfonctionnement des artères. Chez les sujets jeunes : la cause habituelle de l'hypertension est due à une difficulté d'ouverture des artères de petite taille, qui n’arrivent pas à se relaxer correctement pour recevoir le sang provenant du coeur. Chez le pression âgée : la cause habituelle est une perte de la souplesse des artères de grosse taille, qui n'arrivent pas à se relaxer correctement pour recevoir le sang provenant du coeur.
Si ces anomalies artérielles peuvent être provoquées par de nombreuses causes (stimulation du système sympathique, augmentation de la libération d'hormones, dysfonctionnement rénal, déséquilibre génétique ou alimentaire), les raisons du déclenchement de ces perturbations ne sont pas connues.
Si elle n'est pas soignée, l’hypertension favorise après quelques années des maladies graves et handicapantes: attaque cérébrale avec paralysie, angine de poitrine et infarctus, oedème pulmonaire par insuffisance cardiaque, destruction rénale conduisant à la dialyse.
Tous les hypertendus ne se ressemblent car la maladie peut débuter à tous les âges et de nombreuses circonstances peuvent modifier l'aspect que prendra l'hypertension artérielle. Il existe différentes formes à l'hypertension artérielle, et chacun peut tenter de trouver celle qui lui correspond.
Au début des années 2000, près de 25 % de la population adulte mondiale présentait une hypertension artérielle, soit environ 1 milliard de sujets. En France, environ 8 millions d’adultes sont soignés pour cette maladie. Si autant d’hommes que de femmes sont touchés, l’hypertension est plus fréquente avec l’âge et 70 % des hypertendus ont plus de 60 ans.
C’est en mesurant la pression artérielle que l’on peut savoir si il existe une hypertension. Une enquête réalisée en France en 2004 indique qu’en plus des sujets traités, 1/3 de la population adulte a une hypertension qui n’a pas été dépistée ou qui n’est pas traitée.
Des traitements sont disponibles pour soigner l’hypertension, mais les enquêtes effectuées ces dernières années indiquent que seulement 1/3 des hypertendus qui suivent un traitement ont une tension correctement contrôlée.
Les risques sont rarement immédiats. Certes, il peut arriver, mais c'est assez peu fréquent, que la pression augmente brutalement - on parle alors de "poussée hypertensive" - entraînant des symptômes : malaise, étourdissements, maux de tête violents, difficulté à respirer, (voire un accident plus grave) nécessitant une prise en charge médicale rapide.
En fait, l'hypertension artérielle est insidieuse, sans symptômes (voir chapitre comment puis-je savoir que je suis hypertendu ?). C'est pourquoi bien qu’un mauvais fonctionnement des artères par un manque de souplesse, soit à l’origine de l’hypertension, la plupart des patients ne se sente pas malade. Mais cette maladie « silencieuse » va favoriser la survenue d’autres maladies du cerveau, du cœur, des reins ou des artères qui elles vont provoquer des signes. C’est pourquoi l’on parle aussi de l’hypertension comme d’un « facteur de risque », ce qui indique que l’hypertension accélère la survenue d’autres maladies cardio-vasculaires.
Ainsi, la gravité de l'hypertension tient à ses conséquences à long terme sur différents organes :
Les facteurs de risque cardiovasculaire sont des anomalies ou des comportements qui augmentent les risques d'avoir une maladie cardiaque ou des vaisseaux. Ainsi, l'hypertension est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. Mais il en bien d'autres (le cholestérol, le tabagisme, le diabète).
Plus on cumule les facteurs de risque, plus le risque de développer une maladie cardiovasculaire augmente.
Il est donc important de rechercher puis de contrôler, chaque fois que cela est possible, l'ensemble des facteurs de risque présents. La plupart peuvent être modifiés / ou maîtrisés alors qu'il y en a certains sur lesquels on ne peut pas agir.
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Le sexe masculin.
Les femmes sont relativement protégées jusqu'à la
ménopause. |
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L'hérédité
: Une histoire familiale de maladie cardiaque précoce avant l'âge
de 65 ans chez votre mère ou une sour, ou avant l'âge de 55 ans
chez votre père ou un frère augmente votre propre risque d'accident
cardiaque. |
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L'âge :
Au-delà de 50 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes. |
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Le tabagisme. |
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Un taux élevé de
cholestérol. |
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L'hypertension
artérielle. |
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Le diabète. |
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Le surpoids et
a
fortiori l'obésité. |
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Un mode de vie
sédentaire. |
Le plus souvent, l'hypertension ne s'accompagne d'aucun symptôme. Quelques personnes se plaignent parfois de maux de tête (plutôt au niveau de la nuque, le matin au réveil), de bourdonnements d'oreille, d'une sensation de mouches volantes devant les yeux, de saignements de nez.
Une enquête réalisée en France en 2004 indique qu’en plus des sujets traités, 1/3 de la population adulte a une hypertension qui n’a pas été dépistée ou qui n’est pas traitée. La mesure de la tension artérielle au cours d’une visite médicale est le meilleur moyen de dépister une hypertension artérielle. La mesure de la tension est recommandée une fois par an à partir de l’âge de 40 ans. Si votre père ou votre mère a été soigné pour une hypertension avant l’âge de 50 ans, le dépistage annuel est souhaitable à partir de l’âge de 20 ans.
La mesure de la pression
artérielle est un examen rapide, facile et indolore, qui doit être
réalisé après au moins 5 minutes de repos, en position assise ou
allongée. La pression artérielle est exprimée par deux chiffres
accolés - le plus élevé (maxima) correspond à la pression
systolique et le plus bas (minima) à la pression diastolique (voir PAS
et PAD). Par exemple, on dira que vous avez 13/8 de tension ou 130/80 (ce qui correspond à une hauteur en millimètres sur une
colonne de mercure).
Il est nécessaire de renouveler les mesures au cours d'une même
consultation et lors de consultations successives (à un mois d'intervalle)
avant de porter le diagnostic d'hypertension.
Dans certains cas, votre médecin pourra vous proposer de mesurer
vous-même votre tension au moyen d'un appareil automatique qu'il
vous conseillera (voir chapitre Automesure tensionnelle), ou demandera
un enregistrement continu de votre tension pendant 24 heures
(enregistrement Holter tensionnel ou MAPA = Mesure Ambulatoire de la
Pression Artérielle) pour confirmer le diagnostic et s'assurer du
caractère permanent de l'élévation tensionnelle (voir Quels examens
devrai-je subir ?)
L'appareil employé peut être un tensiomètre avec cadran gradué, un
tensiomètre à colonne de mercure, ou un appareil électronique
automatique avec affichage des mesures (qui ne nécessite pas l'emploi
d'un stéthoscope).
La pression systolique
correspond à la pression qui règne dans les vaisseaux au moment où le
cour se contracte. C'est le premier (le plus élevé ou maxima) des deux
chiffres composant la mesure de votre tension, soit 13/7.
La pression diastolique
correspond à la pression qui règne dans les vaisseaux entre deux
contractions. C'est le deuxième (le plus bas ou minima) des deux chiffres
composant la mesure de votre tension : 13/7.
On considère que la
tension normale chez un adulte ne doit pas dépasser 14/9, ou
encore 140/90 mmHg, au repos lorsqu'elle est mesurée en
consultation. La tension est généralement un peu plus basse lorsqu'elle
est mesurée par la personne elle-même, en-dehors du cabinet médical,
à l'aide d'un appareil d'automesure. Les valeurs normales de
tension sont alors de 135/85 mmHg.
Il s'agit de valeurs-seuil au-delà desquelles on commence à parler d'hypertension
; cela ne signifie pas qu'il faille débuter obligatoirement et
immédiatement un traitement dès que la tension dépasse ces valeurs.
Dans certains cas particuliers : personnes diabétiques ou ayant une
défaillance rénale, les valeurs de pression artérielle considérées
comme limites sont légèrement plus basses : 130/80 mmHg.
Le vieillissement provoque une diminution de la souplesse des artères : le chiffre le plus élevé de la tension augmente alors progressivement avec l'âge. Ce type particulier d'hypertension est appelé "hypertension systolique" et parfois "hypertension vasculaire" car elle est la conséqunce du vieillissement ou d’une maladie des vaisseaux. Cette hypertension est fréquente après 60 ans, chez les hypertendus soignés pour hypertension depuis plus de 10 ans, chez ceux qui ont fumé ou fument toujours, chez les diabétiques et les sujets qui ont du cholestérol depuis plusieurs années. Les difficultés dans le traitement de cette hypertension sont liés au fait que le chiffre de la systolique est moins facile à contrôler que le chiffre de la diastolique et que l’hypertension systolique est très variable.
Lorsque l'hypertension se
confirme (pression artérielle > 14/9 à plusieurs reprises), il est utile de réaliser un bilan initial standard, selon les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Ce bilan a plusieurs objectifs :
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rechercher une cause à l'hypertension (dans 95% des cas, aucune cause n'est retrouvée mais néanmoins il faut s'en assurer)
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apprécier le retentissement de l'hypertension ou dépister d'éventuelles complications déjà présentes
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rechercher l'existence d'autres pathologies ou de facteurs de
risque qui, associés à l'hypertension augmenteraient le risque de maladie cardiovasculaire et pourraient alors modifier la prise en charge (intensification du traitement) ou orienter le choix du traitement antihypertenseur
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Il comporte :
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un examen clinique complet avec notamment une auscultation cardiaque et pulmonaire, la palpation des pouls et l'auscultation des trajets de certaines artères notamment au niveau des membres
inférieurs
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un électrocardiogramme
(ECG), examen totalement indolore qui peut être réalisé au cabinet de votre médecin généraliste ou chez un cardiologue. Cet examen permet :
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d'apprécier le bon fonctionnement du cour, la régularité de son rythme
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de rechercher une hypertrophie de certaines parties du cour (hypertrophie du ventricule gauche) et/ou des signes d'ischémie myocardique (mauvaise irrigation du muscle cardiaque) liée à un rétrécissement ou un spasme des artères qui nourrissent le cour, appelées artères
coronaires
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une prise de sang afin de réaliser un dosage :
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de la créatininémie (pour apprécier le fonctionnement des reins)
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de la kaliémie (potassium sanguin)
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de la glycémie à jeun (taux de sucre dans le sang)
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du cholestérol sanguin (cholestérol total et HDL-cholestérol) et des
triglycérides
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un examen d'urine afin de vérifier simplement à l'aide d'une bandelette, l'absence de protéine ou de sang dans les
urines.
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Votre médecin peut dans certains cas être amené à vous prescrire d'autres examens complémentaires, soit pour confirmer le diagnostic d'hypertension, soit pour rechercher une cause ou une complication :
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Une mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA), examen appelé aussi Holter tensionnel.
Il s'agit d'un enregistrement de la pression artérielle pendant 24 heures. Le cardiologue vous équipera d'un appareil enregistreur fixé à la taille, relié à un brassard à tension. Cet appareil est programmé pour effectuer, tous les 1/4 d'heures la journée et toutes les 1/2 heures la nuit, des mesures automatiques de la tension. Les valeurs sont consignées dans la mémoire de l'appareil. Il est conseillé de remplir un journal d'activité
et ces données seront ensuite comparées aux enregistrements de la pression artérielle.
Cet examen est particulièrement utile pour :
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confirmer le diagnostic d'hypertension permanente en dehors du
cabinet (éliminer une « hypertension isolée de consultation » encore appelée « hypertension de la blouse blanche »)
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vérifier que les chiffres tensionnels varient dans la journée et notamment baissent la
nuit
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vérifier l'efficacité du traitement pendant les 24
heures
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expliquer une éventuelle résistance au traitement ou la survenue de malaises (baisse de tension trop importante sous traitement ou au passage à la station debout appelée hypotension
orthostatique)
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Une échocardiographie cardiaque
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Il s'agit d'un examen totalement indolore, non invasif, basé sur le principe des ultra-sons.
Il permet d'apprécier la masse cardiaque, de rechercher, confirmer, ou quantifier une hypertrophie d'une partie du cour (souvent le ventricule gauche).
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Un écho-Doppler vasculaire au niveau des artères du cou, de l'aorte abdominale ou des artères des membres inférieurs pour rechercher d'éventuelles localisations d'athérosclérose (rétrécissement des artères par des plaques correspondant à des dépôts de cholestérol). Cet examen est généralement demandé chez des personnes ayant plusieurs facteurs de risque associés à l'hypertension (hypercholestérolémie, diabète)
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Un écho-doppler des artères rénales pour rechercher une sténose d'une ou des artères rénales qui est une cause d’hypertension que l’on peut guérir par une opération. Une artériographie des artères rénales (examen radiologique avec injection d’un produit par l’artère fémorale sous anesthésie locale) permet le traitement par « ballonnet » des sténoses des artères du rein.
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Un scanner rénal ou des surrénales pour rechercher une sténose d'une ou des artères rénales qui est une cause d'hypertension que l’on peut guérir. Le scanner des glandes surrénales permet de rechercher une cause rare d’hypertension dont l’origine est la libération de substances qui provoquent de l’hypertension. |
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Une épreuve d'effort : enregistrement de l’Electro cardiogramme (ECG) au cours d'un effort obtenue sur une bicyclette d’intérieur ou sur un tapis roulant. Cet examen permet de rechercher un rétrécissement des artères du cœur (artères coronaires). Il doit être réalisé lorsqu’un hypertendu décide de reprendre une activité physique ou sportive après l’âge de 45 ans.
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Des dosages hormonaux , si l'on suspecte une hypertension liée à un excès de production de certaines hormones (hyperaldostéronisme, syndrome de Cushing, phéochromocytome).
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